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الأربعاء، 15 ديسمبر 2010

Poèmes choisis par A.Laabi

Poèmes choisis

Né en 1954 à Ahfir. Il enseigne à la faculté des lettres d’Oujda. Acteur dynamique de la scène culturelle dans l’Oriental. Il est notamment rédacteur en chef de la revue Dhifaf (Rives).Il est aussi l’auteur de plusieurs essais critiques, notamment sur le roman. A la différence de beaucoup de poètes théoriciens ou tenté par la théorie, Abderrahmane Bouali a pris le parti d’une écriture se nourrissant du quotidien, de l’intime et de l’histoire immédiate. Si l’indignation affleure chez lui, elle se manifeste souvent par le biais d’une ironie à double fond. C’est par l’absurde qu’il combat l’absurde. Il contrecarre l’horreur avec dépouillement. Et même en s’engageant sur les sentiers de l’amour, il se garde de l’exubérance. C’est par le détachement vigilant qu’Abderrahmane Bouali assure réellement sa présence.

EMBARAS
Comment puis-je ranger ses papiers dans l’obscurité?
Comment puis-je éventer ses secrets
Alors que les lettres de l’exil
Se sont incrustées entre nous,
Comment puis-je raffermir ses pas
Alors qu’elle s’est endormie?

DEBUT
Nous devons émigrer,mon ami
Nous devons suspendre nos joies
A ce vieux mur
Nous devons prier, prier
Puis ingurgiter nos peines
D’une seule traite.

RECREATION
Rendons-nous nos rêves assidus
Ou coupons-nous simplement nos ongles?
Peut-être ne faisons-nous
Que retourner aux arbres de la famille.

Histoires sur la ville des brumes

Histoires sur la ville des brumes

J’entre à toi, O ville de brume
Entre le jaunissement…
J’entre à toi et dans ma voix
Un ton de tristesse, un second amour, et un troisième de plainte.
Et mon passé sourit:
Oh! Mon passé triste!
Comme tu es loin malgré le chagrin qui s’expose sur les caves,
Oh! Mon passé triste!
Et Aujourd’hui voyage le cœur des chères et des intimes;
Il voyage sur les tombes.. les maisons et la brume blanche
Et leur cœur blanc rangé par les malheurs
Et nous, nous voyageons très loin et dans les yeux
Réside la haine,
Et nous, nous voyageons très loin et dans le cœur
Meurent les contes du grand-père sur la mer et les plages,
Et fleurissent les figuiers.. les oliviers et les grenadiers.
Et nous, nous voyageons très loin et dans le crâne
Une chanson qui grandit parfois,
Et que le serpent mange quelque fois.
Ah! O! années d’indigence et de tyrannie
Ah! Combien on s’est habitué à toi, O! années d’indigence et de tyrannie?
Combien nos yeux te désirent.
O! ports anciens.
Et dans les yeux des enfants
S’implantent des milliers d’années.
Et on entre à toi, O ville de brume
Pour qu’apparaisse le soleil de nouveau
Pour qu’on sache que le soleil est exilé au temps de la tyrannie
Et por qu’on sache que les gouttes de larmes s’alourdissent par l’oublie
Au temps ou fleurissent nos foies
Et fleurissent les chagrins.

Extrait du poème intitulé:
Histoire sur la ville de brume
Recueil: voyages à travers la patrie (1977).